Ubu, 30/03/2010
Ce soir, j'ai froid, et c'est mon anniversaire. Pas envie de fêter ça à une trentaine, entassés et dans un bar. Pas envie de compter les absents, ni les présents pas invités, pas envie d'un bilan de ces deux ans de vie dans ce lieu tout gris, non. Ca tombe bien, une copine m'appelle, miracle : elle a pu avoir des places pour le concert sold-out des
Thee Silver Mount Zion. C'est parfait. Nous voici donc à nouveau dans cette chouette salle mal fichue, blindée. On boit un verre, les projections vidéo des musiciens de la première partie sont déjà terminées. J'assume, un beau paquet de Haribo, on les mange presque tous. La salle est comble, c'est serré, les autres parlent, je souris, c'est ma parade, j'ai pas la tête à grand chose. Je me faufile dans ce petit coin, juste au niveau du pilier. Finalement, j'suis pas bien grosse, et je peux m'y lover, assise, un peu en boule, le dos juste contre une enceinte. Un type me parle mais je l'entends pas, c'est trop loin. C'est dommage, dur de bien voir à cause des amplis retours, mais c'est pas grave, pour changer de point de vue, c'est peut être pas un mauvais jour. Lumières douces, cocon, le son démarre comme un choc profond, un choc en douceur. Je sens les ondes électrifiées parcourir ma colonne vertébrale, de haut en bas, ça me traverse, et les cordes dissipent toute cette merde, toute cette tristesse sans nom dit dont je sais plus bien quoi faire.
I build myself a metal bird. C'est sublime. Sur scène si je me rappelle, ils sont cinq, un chanteur chevelu assez drôle, un violoncelle, deux violons, guitare, batterie...J'avoue, je sais plus s'il y a une basse. Je crois pas. Les titres sont très longs, on ne s'ennuie pas pourtant. C'est du beau post rock, les pédales n'en font pas de trop, on ressent surtout les cordes, et c'est lent mais ce n'est pas mou. Au total, il y en aura cinq? six? Je ne sais plus. Le chanteur est très prévenant, il nous parle, fait de petites blagues. Entre deux musiques grandioses, il revient à terre. Three galopping dogs/Vous voulez un verre d'eau? Vous n'avez pas trop chaud? Quelques réflexions aussi. Le sujet de nos chansons?
The blazing terror of living. C'est comme un private joke, un gimmick, mais c'est si vrai. Il en rit. Ce genre de sinking feeling qui nous prend, au milieu de la nuit, et nous laisse pantelants, paralysés, nauséeux. Ce titre,
God bless our dead marines illustre bien les absurdités qu'on traverse...Il le dédie à toutes les morts absurdes. Désolée. Cette fois mes souvenirs sont tout mélangés. J'étais confuse, en vrac, même pas assez bien pour pleurer. J'ai été transpercée par les violons et les violoncelles, c'était triste mais je suis sortie sereine, plus forte. Merci.