samedi 24 avril 2010

Fais briller ta bouche, pas le sapin

Pas de flambée sans cheminée, et dans l'antique kitchen familiale, délabrée mais pas vraiment à l'abandon, elles sont obstruées et on doit se contenter du radiateur. En clair, avec mes petites soeurs, en guise d'étrennes, on meurt, ou on s'habille en bibendums. Sauf que, comme, pour nous, les aiguilles, c'est un truc pour les petons (seulement quand on n'a pas à marcher), on n'a absolument pas les pulls, bonnets et écharpes adéquats, et la technique de l'oignon laisse à désirer même si les assemblages pourraient lancer une mode branchouille aléatoire (et pas terrible).
Alors pour se réchauffer quand il neige (même pas, au mieux, il pleut!), on a des rituels immanquables : s'envoyer des fleurs vannes, faire des batailles d'oreillers, des bras de fer, des reprises instru en chantant mal exprès, etc. Depuis qu'on est mômes, on appelle ça l'esprit de Noël, parce qu'entre nos parents, pas de bol, c'est plutôt ambiance psychodrame. Par chance, nous, on est très soudées et faut avouer que depuis le temps, on a appris à en sourire (et à remplir nos tasses de thé). Voilà une de nos astuces pour réunir tout le monde (quelques instants) sans s'en moquer ni crises de nerfs : les étoiles à la cannelle
dans ta hotte : 250g de farine, 1 cac de mixed spices, 125g de sucre, 1 sachet de sucre vanillé, 1 p de sel, 125g de beurre, 1 oeuf, des moules en forme d'étoiles
avec tes petites mains :  mélange les ingrédients secs et le beurre, puis ajoute l'oeuf pour faire une boule et place une heure à l'extérieur (ou au fridge). Allume le four à 160°C, étale la pâte au rouleau sur une surface farinée et découpe des étoiles que tu feras cuire 15 minutes sur du papier sulfurisé. Quoi, c'est tout? Mais oui, ne reste plus qu'à choisir le thé, et à croquer dedans à pleines dents.

vendredi 2 avril 2010

Thee silver mount zion memorial orchestra

Ubu, 30/03/2010
Ce soir, j'ai froid, et c'est mon anniversaire. Pas envie de fêter ça à une trentaine, entassés et dans un bar. Pas envie de compter les absents, ni les présents pas invités, pas envie d'un bilan de ces deux ans de vie dans ce lieu tout gris, non. Ca tombe bien, une copine m'appelle, miracle : elle a pu avoir des places pour le concert sold-out des Thee Silver Mount Zion. C'est parfait. Nous voici donc à nouveau dans cette chouette salle mal fichue, blindée. On boit un verre, les projections vidéo des musiciens de la première partie sont déjà terminées. J'assume, un beau paquet de Haribo, on les mange presque tous. La salle est comble, c'est serré, les autres parlent, je souris, c'est ma parade, j'ai pas la tête à grand chose. Je me faufile dans ce petit coin, juste au niveau du pilier. Finalement, j'suis pas bien grosse, et je peux m'y lover, assise, un peu en boule, le dos juste contre une enceinte. Un type me parle mais je l'entends pas, c'est trop loin. C'est dommage, dur de bien voir à cause des amplis retours, mais c'est pas grave, pour changer de point de vue, c'est peut être pas un mauvais jour. Lumières douces, cocon, le son démarre comme un choc profond, un choc en douceur. Je sens les ondes électrifiées parcourir ma colonne vertébrale, de haut en bas, ça me traverse, et les cordes dissipent toute cette merde, toute cette tristesse sans nom dit dont je sais plus bien quoi faire. I build myself a metal bird. C'est sublime. Sur scène si je me rappelle, ils sont cinq, un chanteur chevelu assez drôle, un violoncelle, deux violons, guitare, batterie...J'avoue, je sais plus s'il y a une basse. Je crois pas. Les titres sont très longs, on ne s'ennuie pas pourtant. C'est du beau post rock, les pédales n'en font pas de trop, on ressent surtout les cordes, et c'est lent mais ce n'est pas mou. Au total, il y en aura cinq? six? Je ne sais plus. Le chanteur est très prévenant, il nous parle, fait de petites blagues. Entre deux musiques grandioses, il revient à terre. Three galopping dogs/Vous voulez un verre d'eau? Vous n'avez pas trop chaud? Quelques réflexions aussi. Le sujet de nos chansons? The blazing terror of living. C'est comme un private joke, un gimmick, mais c'est si vrai. Il en rit. Ce genre de sinking feeling qui nous prend, au milieu de la nuit, et nous laisse pantelants, paralysés, nauséeux. Ce titre, God bless our dead marines illustre bien les absurdités qu'on traverse...Il le dédie à toutes les morts absurdes. Désolée. Cette fois mes souvenirs sont tout mélangés. J'étais confuse, en vrac, même pas assez bien pour pleurer. J'ai été transpercée par les violons et les violoncelles, c'était triste mais je suis sortie sereine, plus forte. Merci.