samedi 25 juin 2011

Pour un Flunch avec toi

S'il y a bien un truc que je sais pas faire, c'est les courses. Qu'est ce qu'on peut être tête en l'air parfois, c'est du déjà dit, n'est ce pas? Pas de quoi en faire des tartines : quand ma petite pomme n'a pas la grosse pêche, pas possible de faire passer quoi que ce soit, c'est ainsi et pas comme si manger était un besoin vital. Ah, si? Ben mince, en vraie gamine, j'achète que ce qui m'interpelle. Autant dire peu, plein de fruits et pas (assez?) de basiques. En plus, je suis nouille en calcul, alors les comptes...Le hic, c'est que parfois des amis (ces sacrés) débarquent à l'improviste (ou pas) et que ce serait moche de les laisser se noyer dans leurs verres, même de substances chics. C'est que ça peut donner mal au crâne, ou bien pire, et j'suis à court d'Alka Seltzer. Inspection express des placards, presque vides mais pas sans épices : ça pourrait être une liste (de restes) à la Prévert. Tabasco vert, gingembre jap émincé au vinaigre, tomates séchées bio de Sicile, câpres à l'huile, sirop d'érable, citrons, moutarde rose, sucre d'agave, chocolat très noir, myrtilles, crème de sésame...Ouf, l'épreuve du panier est repoussée à un autre soir ou à l'envie de (faire à) manger at home, c'est pas dit que ce soit tout de suite. Recette sur le pouce et à croquer, avec des bouts de ficelle, pour gens réels pas réalistes.


Coupe des toasts en quatre, en diagonales. Dépose sur chacun une demie rondelle de chèvre, de la confiture de cassis, du basilic frais, un peu d'huile d'olive, sale et poivre. Passe au grill quelques minutes...C'est pas si mal, et piece of cake! Soigne bien la présentation, surtout, un joli plateau ou quelques feuilles de salade si tu as : c'est pas que ce qui compte (le plus) soit l'apparence, oh, non, mais c'est ça, la mise en scène-le fond et sa valeur en forme, la (l'im-)pertinence, pas les moyens. Tant va la cruche : emplissons nos verres, ça mérite bien un petit toast à tout ce dont on a trop soupé, dont on bave, et qu'on avalera encore...Si c'est assez, pour cette fois ci, je vous épargnerais volontiers Sttellla.

vendredi 17 juin 2011

Mes nuits burgundy

Quand le soir est au noir qui brille, il est idéal pour s'offrir une séance de cinoche immobile en lançant sur la platine l'album des bordelais de No Eleven. Le bain est optionnel, pas le verre de vin. Notre père qui êtes au pieu, i know, c'est presque un peu électro, ce duo, c'est pécher par contradiction mais ce que je fais de mes oreilles ne regarde que mes speakers, alors ouvrez les vitres en grand, c'est pas de l'orage, et puis surtout profitez-en pour vous allonger carrément (sans ça vous n'entrerez pas dedans) et l'écouter en levant les yeux au ciel, absolument. C'est péremptoire mais il faut savoir ce qu'on veut et ce beau disque a tout d'une bande son. Je vous en dis pas plus : vous n'allez pas tarder à voir se profiler, entre les reflets des phares, la trame d'un mélo lunatique au plafond. Ca pourrait être un film chinois: la retenue dans les esquisses, les regards trop appuyés, le port nerveux, l'intensité effleurée, les esquives, les plans fixes étirés jusqu'à la limite du sensé. Pas du Bollywood, ça, non, mais un trip urbain déroutant assez classe. En noir et blanc et très, très lent. Prenant. Je vous laisse inventer la suite, laissez vous guider par le chant.

mercredi 15 juin 2011

Les morts en savent long sur la joie de vivre

Une (petite) balade au cimetière, ça vous tente? Il fait ni assez chaud ni assez de vent pour aller à la mer, la ville grouille (mollement) et c'est pas mieux à la campagne, de toutes manières, je crois bien qu'il n'y a plus d'essence dans ma voiture et elle est à des kilomètres, pas sûr qu'on atteigne la station sans avoir à jouer du pouce. Sans compter que je manque de cash. Mais c'est étouffant de rester ici, en aparté en appartement. Entendre les oiseaux chanter (peut être bien qu'ils se crient dessus, mais comme on a la veine de pas comprendre, c'est plutôt chouette) en regardant l'herbe pousser sur des corps qui ont arrêté de courir partout à 360, les chanceux, ça calme peut être pas tous les nerfs, mais ça peut donner envie d'une sieste, et au moins on aura pris l'air.
Et hop, dehors! En commençant par un groupe que j'aime beaucoup, O'Death, revenu il y a peu du royaume des morts puisque si leur dernier album Outside, a mis tant de temps à arriver, c'est parce qu'aux States, une chimio, ça se paye soi même. Ce disque signe un come back plutôt pop, voire presque happy, en comparaison avec les déchirants précédents.
 
Puisqu'on est passé par les enfers, et que c'est aussi un peu chez eux, attardons nous sur ce titre qui balance d'Eux autres. Mea (very) culpa, sans doute, mais pour le moment, j'arrive pas à écouter leurs albums en entier.

Poursuivons par un passage chez les british de Veronica Falls, (composé de membres de groupes récents défunts depuis peu), de retour et avec un 7'' plutôt prometteur et un album tout neuf en préparation pour cet été.
Pour aujourd'hui, je m'arrête là (je vous avais dit que j'avais la flemme). Faites comme vous voulez mais après ce quasi périple, je vais dormir un peu dans l'herbe.

samedi 11 juin 2011

Parenthetical advisory : (strawberry) scène de noyade

Tu trouves tes fraises pas assez mûres, un peu trop molles/trop fadasses? Normal, c'est le mois des giboulées, mais t'as voulu te la jouer un peu. Don't worry, c'est pas méchant : voilà de quoi leur donner du goût, tu vas pouvoir te la raconter, c'est d'une facilité effrayante. Alors, pas de panique, mais...chut! C'est un secret à bien garder sous peine d'en rater la portée.

Découpe les en tranches fines sur une planche, puis trouve un contenant assez creux. Verse juste quelques gouttes de vinaigre: c'est pas l'ingrédient de l'amertume mais un révélateur pur. Pas besoin d'avoir 107 ans devant soi non plus, les sucs (naturels) vont se libérer très rapidement, et leur donner un wild je-ne-sais-quoi. Observe, elles nagent déjà dans leur jus! Si, décidément, elles ne sont pas assez douces à ton goût, recouvre d'un léger nuage de sucre. Et voilà, tu vois, c'étaient pas des fadaises: c'est simple, non? Ce qu'il reste à faire ensuite, et pour ça tout le reste peut attendre, c'est...leur faire un sort, bien entendu.

jeudi 9 juin 2011

C'est pas la recette du self esteem

Mes pavillons ont croisé celui de Daniel Hedin pour la première fois par le biais d'un titre des plus sombres : Knives and needles. Pur malaise et sans alambic, (trop) brut. Dire que cet homme est hanté, c'est bien peu, il héberge dans sa bulle tous les fantômes de nos failles. Sous le nom de Le Days, son projet premier, un album magnifique est arrivé il y a peu : ici. On y retrouve, parmi d'autres, son acolyte Andreas Grundel. Guitare, acoustique sur presque tous les titres, une voix grave indécente, juste à côté du précipice, qui ne tombe pourtant pas dans le trop ni le pathos même s'il flirte fort avec le bord, des cordes dignes, saxophone, piano, orgue. Les compos et l'écriture sont d'une sobriété, d'un raffinement et d'une justesse impossibles à décrire sans maladresse: c'est beau, raw, rauque. C'est pas une glissade artificielle mais une chute douce, un intense tremblement interne, immense, en profondeur. Impossible de s'en sortir indemne, quelle bonne nouvelle. Belle écoute, et si après vous arrivez à dormir-mais j'aime autant vous mettre en garde en émettant quelques doutes-bonne nuit.

mercredi 8 juin 2011

De l'apiacée (en particulier) et de la cigüe au générique

Voir ma (chère) mère-une femme plutôt un-peu-trop-très-bien-sous-tout rapports-devenir Hulk (avec des boucles d'oreilles en or) et gourmander Federrer en hurlant comme une poissonnière parce qu'il n'a pas mis la pâtée à Nadal tout de suite, ça m'a évoqué de bons (?) vieux souvenirs. Mange tes carottes, ça rend aimable! Voilà ce que prétendait ma grand-mère, quand j'étais crédule. Je la regardais alors en souriant (d'un air un peu trop entendu, évidemment, je conçois que c'est agaçant), car sur sa personne (assez formidable au demeurant), les résultats de l'expérience n'étaient pas des plus probants (les chats ne font pas des chiens, sagesse folk).
Franchement, avoue : crues, ça passe, tout dépend de la sauce, mais cuites, c'est vraiment dégueulasse, ou alors c'est bien du travail (épices, associations de bon ton, découpes originales, sans oublier l'atroce corvée de pluche). Yep, les carottes, fichue arnaque. Au moins autant qu'un mémo de tambouilles rédigé par une semi-anorexique. Surprise, une amie m'a proposé d'en faire un (vrai) livre. De fait, j'aime bien me tromper, comme en découvrant à Dublin ce petit miracle anachronique. Le carrot cake, une douceur inventée à une époque où le sucre était trop compliqué à trouver. Si ça t'intéresse, tu google, hein, je peux pas tout faire: on sait jamais, je vais m'en recouper une part.

Va au marché (ou fais toi livrer par un JH exploité, en uniforme moche)
3-4 carottes (250g, râpées), 5 oeufs, 250g de noix en poudre (ou mieux : moitié noix/moitié noisettes), 1 citron zesté et pressé, 5 oeufs, 1 càs de levure, 80g de farine, 2 càc de cannelle, 2 càc de gingembre, 1 p de sel, papier sulfu

Mélange jaunes d'oeufs & sucre, puis ajoute les fruits, les carottes et les épices. Mets le four en marche, à 180°C. Monte les blancs d'oeufs en neige avec le sel, puis incorpore. Verse le tout dans un moule rond recouvert auparavant de papier sulfu, puis mets à cuire pendant une heure. NON! Ne craque pas tout de suite, il faut laisser refroidir.
En option & ultra easy: le glaçage!
Fouette 200 g de Saint Morêt, 1-2 càs de jus d'orange et 60 g de sucre glace. Recouvre le gâteau avec et/ou coupe le d'abord en deux pour en garnir l'intérieur. Le top, attendre encore un peu en plaçant au frais quelques heures/une nuit : pas de quoi en faire un fromage.

C'est pas très gras, les noix suffisent. Le teint rose, c'est peut être bien un mythe de plus, mais voilà de quoi se lécher les babines et faire plaisir à tes copines qui dépriment.

vendredi 3 juin 2011

Sors les bulles, ta limo est (presque) arrivée

Potions de vie, potions de mort, le sureau a plus d'un tour dans ses branches. Pas besoin d'être 1 pro de l'arbre magique, cadeau : ma plus vieille recette de sorcière des villes, maintes fois testée & approuvée, la patience l'elderberry fizz.

Tout d'abord, repérer un spot : fastoche, à la mi-mai, sur les berges, seules les ombelles de ce bel arbre déploient leurs mini-fleurs toutes blanches.
pour 5 litres de lemonade
une douzaine d'ombelles de fleurs de sureau noir
5 l d'eau
500 g de sucre
1 càs bien pleine de vinaigre de cidre
5 citrons non-traités
1 poignée de raisins (sultanines)

Verse dans un bocal assez grand : les fleurs rincées très rapidement sous l'eau courante, le sucre, le vinaigre, les raisins et les citrons tranchés. Recouvre avec un linge (propre!). Laisse macérer 3-5 jours sur ton balcon/ta fenêtre (au soleil, s'il y en a) en remuant la potion de temps en temps. Les raisins remontent à la surface? Hip, hip, c'est prêt! Non, je plaisante, prêt à être embouteillé. Pour nettoyer les bouteilles (celles des limonades dites à l'ancienne sont nickel) immerge-les dans de l'eau bouillante, joints y compris. Remplis (avec une passoire et un entonnoir). Et puis...J'ai oublié de dire que c'était long? Moins qu'arranger un mauvais rhum, mais l'arrivée des petites bulles prend une bonne quinzaine, le temps de se décider à cleaner un peu ta cave (si t'en as une), où ça peut se garder quelques mois. Belle balade!

jeudi 2 juin 2011

Bananananananana

Découverte tardive l'hiver dernier, en guise de dessert déconcertant avant d'aller dormir, les ouvrages de la japonaise Banana Yoshimoto. Elle y conte vies rêvées mêlées à la réalité perturbante dont on ne sait pas lire les signes qui interpellent, errances intimes de personnages hypersensibles à l'indépendance farouche, aux chemins toujours sur la brèche, qui se font écho et dont les clefs sont trouvées trop tard. Evidemment, c'est torturé. C'est pourtant pas de la littérature pour ados en mal de prose émo, même si mes mots sont incapables de dessiner son univers subtil, sensuel (et sans sucre ajouté) hors d'atteinte de toute prétention inutile. Kitchen est d'une vraie beauté crue mais ce n'est pas mon favori : j'ai dévoré les deux nouvelles de Dur, dur et plongé dans NP avec délice.

mercredi 1 juin 2011

Trève de blabla...

J'aime pas le rap cheap, cette soupe (hors de prix) qu'on nous sert parfois à la chaine, ces discours trop souvent les mêmes (tu vois je vis dans le ghetto et ma vie est dure) dans lesquels le je (représennnnnte) et sa propre mise en scène (hum, est-ce qu'un(e) blogueur/se peut écrire ça...) ont la part plus que belle (si ce ne sont les mini jupes au premier plan des vids à gros budgets...réac, moi? euh...J'aimerais retrouver cette vidéo russe dans laquelle tous les clichés étaient réunis et tous les visages identiques & flippants, qui tournait tant en 2007, mais-c'est con, la mémoire sélective, ou Alzheimer, j'en ai oublié le nom). Impossible de nier le talent d'écriture rough de certains combos, la culture loin d'être pauvre qui en découle, les danseurs...
Alors en dépit des gros beats pas toujours inventifs et grâce à des sons plus abrasifs que d'autres, j'suis tombée dedans à un âge pas si tardif. NTM, à Bourges, c'était en 1995. Des lyrics sans concession, rudes, sans artifice. A une époque où on ne trouvait ses disques en stoc qu'au rayon tout venant des supérettes des villes, le choc. Quand ils traitaient pas de grosses bagnoles, verbalement, ces mecs là en avaient, dans le froc.
Il y en aurait à citer, dans l'hexagone ou en dehors, des artistes hip hop hors pistes, depuis lors, pourtant (à mes petits yeux) peu sont vraiment touchants ou justes. Rien à voir avec les en******s de mamans, la révolte limpide de Guante & Big Catz. Deux américains dont les sons clairs ne manquent pas d'énergie, des mots et des images sobres dont la force poétique s'inspire de la vie réelle et pas de délires fantasmés/théories abstraites. Enough talk : une mixtape à télécharger ici for free, et un titre en préliminaire.
We are all closer. We all are capable. We all have so much tumbling around inside of us, pushing against our skin, kicking at the weak points. They forget how much pressure is built up inside, how nobly we fight to hold it in, how easily we break.