Quand le soir est au noir qui brille, il est idéal pour s'offrir une séance de cinoche immobile en lançant sur la platine l'album des bordelais de No Eleven. Le bain est optionnel, pas le verre de vin. Notre père qui êtes au pieu, i know, c'est presque un peu électro, ce duo, c'est pécher par contradiction mais ce que je fais de mes oreilles ne regarde que mes speakers, alors ouvrez les vitres en grand, c'est pas de l'orage, et puis surtout profitez-en pour vous allonger carrément (sans ça vous n'entrerez pas dedans) et l'écouter en levant les yeux au ciel, absolument. C'est péremptoire mais il faut savoir ce qu'on veut et ce beau disque a tout d'une bande son. Je vous en dis pas plus : vous n'allez pas tarder à voir se profiler, entre les reflets des phares, la trame d'un mélo lunatique au plafond. Ca pourrait être un film chinois: la retenue dans les esquisses, les regards trop appuyés, le port nerveux, l'intensité effleurée, les esquives, les plans fixes étirés jusqu'à la limite du sensé. Pas du Bollywood, ça, non, mais un trip urbain déroutant assez classe. En noir et blanc et très, très lent. Prenant. Je vous laisse inventer la suite, laissez vous guider par le chant.
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