Mes pavillons ont croisé celui de Daniel Hedin pour la première fois par le biais d'un titre des plus sombres : Knives and needles. Pur malaise et sans alambic, (trop) brut. Dire que cet homme est hanté, c'est bien peu, il héberge dans sa bulle tous les fantômes de nos failles. Sous le nom de Le Days, son projet premier, un album magnifique est arrivé il y a peu : ici. On y retrouve, parmi d'autres, son acolyte Andreas Grundel. Guitare, acoustique sur presque tous les titres, une voix grave indécente, juste à côté du précipice, qui ne tombe pourtant pas dans le trop ni le pathos même s'il flirte fort avec le bord, des cordes dignes, saxophone, piano, orgue. Les compos et l'écriture sont d'une sobriété, d'un raffinement et d'une justesse impossibles à décrire sans maladresse: c'est beau, raw, rauque. C'est pas une glissade artificielle mais une chute douce, un intense tremblement interne, immense, en profondeur. Impossible de s'en sortir indemne, quelle bonne nouvelle. Belle écoute, et si après vous arrivez à dormir-mais j'aime autant vous mettre en garde en émettant quelques doutes-bonne nuit.
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