mardi 3 mai 2011

Triste jeudi

Plonger dans l'écriture dense & à vif  de Chloé Delaume, au bord de la mer, c'était de bon goût. Une main chafouine me tend ce livre sur ces quelques mots : les tiens ressemblent aux siens, va savoir. Puis le retire des miennes (un peu trop tendues sur le moment) et m'en fait la lecture à voix de basse. Pas fan de C. Millet du tout (ni de ses copines de vernissages), j'avais omis délibérément. Chatte, mais pas chienne, j'écoute, l'air contrit : prélèvements organiques par des biais on ne peut plus communs (notamment un micro-ondes revisité pour l'occasion, quoi, t'en as pas dans ta cuisine? ben non, et je trouve ça bête, ce passage), j'accroche pas tout de suite. Poursuivons : amour/haine (mouais, c'est banal: avec un peu de lithium, ça se soigne!) mal être intensif (soigneusement entretenu), c'est bordélique et d'une violence borderline inouie, précis, schizo, putassier, rythmique. Et drôle. En fait. Ah zut. C'est stimulant, l'écriture est fine, libre, a l'air orale et est minée de pistes sous-terraines. J'ai même du mal à suivre : cette femme, dans le texte, entre lettres classiques hors compét', troubles bipolaires et massages/âcres/experts au sous sol (et je m'étends pas sur Godard ni la fée Clochette), qui est-ce? Une fondue de Boris Vian. Tiens donc.

En scribouillant ce billet brouillon et en retard, une bien mauvaise nouvelle me pend aux tripes. Ce satori trop triste se passera de commentaires idiots : au déroutant jeune homme à vélo qui m'avait offert, entre deux balades et trois cassettes, ce premier Salinger, après un cours de philo. Il a laissé là Lou Barlow, ses carnets, sa guitare et repris la route. Du haut.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire